« Le travail social est avant tout un métier de transmission, où accompagner commence toujours par reconnaître l’autre dans sa singularité ».
Peux-tu retracer ton parcours en quelques lignes ?
Mon parcours débute par un engagement de longue date dans le scoutisme, une expérience fondatrice qui m’a transmis des valeurs fortes de partage et d’adaptabilité. Diplômé éducateur spécialisé à Échirolles, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage puis de travailler plusieurs années au Canada, notamment à Montréal, en protection de l’enfance et en accueil d’urgence. Ces expériences à l’international ont façonné ma posture professionnelle. De retour en Europe en 2015, j’exerce aujourd’hui dans le champ du handicap au sein de l’association « Sauvegarde 69 », dans un service de foyer-logement externalisé au plus près des espaces de vie des personnes, dans une logique d’autodétermination et de développement du pouvoir d’agir.

Quelle est la nature de ton intervention au sein du pôle social ?
J’interviens comme formateur extérieur auprès de l’ensemble des filières du pôle social sur les thématiques de la relation éducative, les écrits professionnels et le cadre légal du métier d’éducateur. J’accorde une place importante aux échanges, à l’actualité du secteur et à la réflexion critique, notamment autour de l’impact des outils numériques et de l’intelligence artificielle sur la relation éducative. J’apporte toujours des livres dans mes cours pour souligner l’importance de se construire une culture professionnelle et d’alimenter sa réflexion.
Comment perçois-tu les métiers du social et leurs évolutions à venir ?
Les métiers du social sont en pleine mutation. L’intégration de l’IA dans les pratiques professionnelles est inévitable et doit être pensée en formation comme un outil à questionner. Le risque, selon moi, est une perte de sens liée à une logique de rendement administrative et financière, au détriment du temps consacré à l’accompagnement. La réforme des diplômes, avec un tronc commun et des spécialisations, interroge également : l’uniformisation des parcours ne doit pas faire perdre la richesse des compétences et des approches propres à chaque métier.
Selon toi, quelles sont les spécificités et les atouts de nos formations ?
La taille réduite des promotions est un véritable atout : elle favorise la proximité, la qualité des échanges et un accompagnement plus humain. Les apprenants peuvent confronter leurs expériences de terrain à la théorie et construire progressivement leur propre vision du métier. Cette articulation entre pratique et réflexion me semble essentielle pour former des professionnels engagés et critiques. Pour moi, donner du sens à mon travail passe avant tout par le partage d’expérience et la transmission des savoirs et savoir-faire. Le cœur de notre métier reste de partir des besoins des personnes et de préserver une posture éthique et il faut savoir s’adapter pour y répondre.
Qu’est-ce qui caractérise ton approche ?
Mes années à l’étranger, notamment au Canada, m’ont confronté à une culture du travail social très différente, plus consensuelle et structurée. Cela m’a permis de développer ma propre manière de voir et d’accompagner avec ce mélange de cultures. Aujourd’hui, je partage cette expérience avec les apprenants, parfois en les faisant rencontrer des personnes accompagnées pour illustrer concrètement le métier. La praxéologie est un terme clé dans nos métiers : c’est l’étude de l’action humaine dans sa pratique, et le lien entre la théorie et la pratique. Une base dans notre travail de transmission.
Livres, films et une phrase pour clôturer ton témoignage ?
Je m’appuie sur les travaux de Philippe Gaberan, Joseph Rouzel, Maurice Capul, Michel Lemay et Fernand Deligny, qui éclairent et enrichissent nos pratiques. J’intègre régulièrement ces lectures à mes cours et recommande également la série québécoise Empathie, qui explore le travail en psychiatrie et nourrit la réflexion sur la relation éducative. Pour conclure, je dirais que « La différence nous oblige à rester humble et profondément humain ».
La parole des usagers, un apport précieux dans les apprentissages du social


Dans le travail social, écouter les personnes accompagnées n’est pas qu’un principe : c’est un apprentissage concret pour les futurs professionnels. Cédric, accompagné par des éducateurs spécialisés, illustre parfaitement cette dynamique : « Grâce à leur soutien, j’ai pu renforcer ma confiance en moi et développer des compétences sociales et professionnelles. » L’accompagnement éducatif lui permet de progresser à son rythme et de s’investir pleinement dans ses projets, tout en découvrant ses forces et ses limites.
Pour les apprenants, cette expérience prend forme à travers le module Paroles d’usager. Ce dispositif invite les apprenants à se confronter à la réalité des personnes accompagnées et à réfléchir sur leurs pratiques. Les retours sont parlants : « Ce module m’a vraiment ouvert les yeux sur la complexité des situations et m’a appris à écouter autrement », souligne un apprenant. Un autre partage : « Il ne suffit pas d’accompagner, il faut comprendre ce que vit la personne au quotidien. »
En plaçant la parole des usagers au cœur de la formation, le module favorise une réflexion éthique et pratique. Les apprenants comprennent que chaque intervention est unique et qu’adapter son approche est essentiel pour accompagner avec sens. Cette pédagogie transforme non seulement leur regard sur le métier, mais aussi leur capacité à agir concrètement pour soutenir et autonomiser les personnes.
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