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Il y a cent ans, Lyon accueillait les sœurs salésiennes

En 1926, les sœurs salésiennes s’installent à Lyon. Retraçons un parcours d’un siècle de présence sur la colline de Fourvière.

Depuis 1919, les sœurs salésiennes sont présentes dans le département du Rhône (elles tiennent alors une école à Savigny et apportent, dès 1924, leur aide aux pères salésiens à Caluire), mais ne sont pas encore implantées dans la métropole. Une occasion se présente en 1926 lorsque la Société de navigation du Rhône met en vente une maison sur la colline de Fourvière, où des sœurs franciscaines tenaient une petite école pour les filles des bateliers de la Saône. Le Cardinal Maurin, archevêque de Lyon, leur donne le feu vert pour qu’elles s’y établissent : il les a connues à Marseille lorsqu’il était curé de Sainte-Marguerite et leur est très reconnaissant d’avoir sauvé la petite école paroissiale.

L’aventure d’un siècle peut démarrer. Dès septembre, la maison est aménagée grâce aux communautés salésiennes avoisinantes et aux bienfaiteurs, et, fin novembre, tout est prêt pour débuter une nouvelle mission, comme l’explique un prospectus de l’époque : « enseigner aux jeunes filles les divers travaux qui sont du ressort de la femme pour la bonne direction de leur maison et pour les rendre capables de communiquer à d’autres les connaissances acquises dans les écoles ou les œuvres post-scolaires en faisant d’elles des éducatrices dévouées ». Notons cette double finalité de l’œuvre, dès les origines : non seulement donner une formation aux jeunes filles, mais aussi les former à devenir elles-mêmes des éducatrices.

L’Institut ménager Notre-Dame ouvre ses portes en 1927 : 16 externes le rejoignent, et le nombre progresse pour atteindre rapidement une cinquantaine d’élèves. La Seconde Guerre mondiale ne freine pas le déploiement de l’œuvre : en 1942, l’Institut ménager est habilité par l’État à préparer le diplôme officiel du Monitorat d’enseignement familial ménager. Le double but fixé au départ est visé. Les élèves, après leurs deux ans de préparation au monitorat, seront aptes à occuper des postes d’éducation nationale ou de service social. En 1943, pour dix ans, la maison de Lyon – plus centrale que celle de Marseille – devient aussi maison provinciale, et en 1944, l’acquisition de bâtiments sur la colline permet le transfert du noviciat de Marseille à Lyon.

Après la guerre, les formations se développent largement : dans les années 1950, une section d’humanités féminines ouvre, qui préparera au BEP des carrières sanitaires et sociales et au CAP des métiers de l’habillement. Le nombre d’élèves triple en dix ans pour passer à 360. Pour les accueillir dans les meilleures conditions, plusieurs solutions existent et sont mises en œuvre : acquisition de nouveaux bâtiments, agrandissement des locaux  existants, ou construction de nouveaux.

1954 voit la création d’une section spécifique de « Monitrice-éducatrice de l’enfance », destinée à former les futurs travailleurs sociaux. Cette section deviendra autonome en 1971, dépendra du ministère du travail et prendra le nom d’Institut Saint-Laurent. Deux spécialités y sont proposées : la formation de moniteurs éducateurs et celle d’animateurs sociaux. Sœur Gabrielle Klein (voir encadré), directrice depuis les débuts de l’Institut, en sera une figure marquante. En 1984, l’Institut s’installera à Écully, mais il retrouvera ses racines en 2020. Il reviendra au 123 montée de Choulans pour faire partie du pôle social du Campus Don Bosco à la rentrée 2025.

Au fil des ans, l’offre de formation s’étend et se diversifie, et les laïcs sont toujours plus nombreux pour collaborer avec les sœurs dans cette mission d’éducation de la jeunesse. Si, à partir des années 1970, trois communautés de sœurs salésiennes cohabitent sur la colline, leur nombre décroît peu à peu pour ne laisser, à partir de 2005, que la communauté Don Bosco, celle des origines. La collaboration entre les laïcs et les religieuses permet un équilibre précieux pour les jeunes.

Les années 2010 voient s’opérer un nouveau tournant : peu à peu, les formations se recentrent et se spécialisent sur les secteurs du sanitaire et social, en proposant aussi des formations post-bac débouchant sur des diplômes d’État. Les défis proposés par la société sont nombreux, mais depuis cent ans, et pour longtemps encore, le Campus Don Bosco cherche à y répondre en offrant des modèles innovants en s’appuyant sur les nouvelles technologies dans un domaine où la personne est et doit rester au centre.

Le campus regroupe aujourd’hui un lycée proposant des formations de la 3e au BTS, orientées vers les métiers de la santé et du social, ainsi qu’un pôle d’enseignement supérieur. Au total, le campus accueille environ 800 élèves et apprenants, répartis entre 460 au lycée, 200 au pôle social et 120 au pôle santé.

Soeur Céline